Anecdotes et un peu d'histoire du Théâtre

Anecdotes et un peu d'histoire du Theatre par La Compagnie des Sylves


 
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Actes
Chapeau (Paiement au)
Coup de Théâtre
Couturière
Emboliaria
Filage
Générale
Italienne (Faire une)
Jardin-Cour
Les trois coups
Orchestre
Planches (Monter sur les)
Le jeu n'en vaut pas la chandelle
Rideau
Souffleur
Sous-texte
Superstitions
Table (Travailler à la)
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Un peu d'Histoire
 
Jardin-Cour Quand on est face à la scène, respectivement côté gauche et droit. Pour s'en rappeler : "Jean-Claude" / "Jésus-Christ"
Ces mots viennent d'une habitude prise à la Comédie-Française, à l'époque où, à partir de 1771, la troupe s'installa dans la salle des machines du jardin des Tuileries; la salle donnait effectivement d'un côté sur la cour du bâtiment, et de l'autre sur le jardin. Auparavant, on nommait la cour « côté de la reine » et le jardin « côté du roi », les loges de chacun se faisant face à gauche et à droite de la scène (en regardant la salle). Ce principe est adapté des termes de marine bâbord et tribord. Les premiers machinistes de théâtre étaient d'anciens marins ; ainsi, ces termes, comme l'interdiction de prononcer le mot « corde », sont-ils inspirés d'habitudes ou superstitions de marins.


Orchestre L'orchestre désigne au théâtre, la partie de la salle située dans sa partie centrale en contrebas du plateau. Il peut également être appelé parterre.
Dans cette partie, est quelquefois aménagé un espace pour un orchestre (qui se situe même parfois sous la scène) nommé fosse.


Emboliaria Actrice qui venait sur le théâtre, entre les actes d'une pièce, pour amuser l'auditoire en récitant quelques intermèdes (embolium, embolion)


Monter sur les planches Expression née du fait que les scènes de théâtre étaient autrefois uniquement en planches de bois, et surélevées pour que le public puisse facilement voir les acteurs.


Le jeu n'en vaut pas la chandelle Cette expression signifie que l’enjeu n’en vaut pas la peine. Jusqu’au XVIIIe siècle, le théâtre était clairé à la chandelle. Il fallait des milliers de chandelles par soirée, ce qui représentait une somme colossale à l’ époque. Si les bénéfices rapportés par la représentation n’étaient pas suffisants, ils ne couvraient même pas le prix des chandelles.


Travailler à la table Lecture et analyse du texte, de l'action, des objectifs de personnages et de la pièce en général, du travail dramaturgique de réflexion autour du texte que le metteur en scène fait avec les comédiens, traditionnellement assis autour d'une table.


Le filage Le filage est la mise en scène d'une pièce de théâtre, mais aussi d'une chorale ou tout autre spectacle artistique, dans les conditions réelles mais sans le public. Il sert à calculer le temps nécessaire au spectacle, et à finaliser les différents détails, notamment la coordination entre les différents participants du spectacle (changements de scènes, de décors, habillements, etc.).


La Couturière On appelle la couturière l’avant-dernière répétition d’une pièce de théâtre, celle précédant la générale. Le nom vient du fait qu’elle permettait aux couturières de faire les dernières retouches aux costumes.


La GénéraleLa représentation avant la première d'un spectacle.


Paiement au chapeau Comme l'expression le laisse supposer, les spectateurs payent leurs places en mettant le montant qu'ils veulent dans un chapeau. Si bien que jadis, si le spectacle ne leur avait pas plu, ils pouvaient ne rien y mettre.


Faire une italienne Une italienne est une répétition sans mettre le ton, d'une voix neutre qui permet aux acteurs de mémoriser leur textes sans se fatiguer.


Coup de Théâtre Évènement brutal et inattendu, retournement de situation.


Les trois coupsCette tradition a deux origines :
Trois coups frappés pour attirer l'attention du public au début d'une pièce, particulièrement quand il y a lever de rideau.
Certains font remonter la tradition au Moyen-Âge, où les trois coups finaux (pour la Trinité) auraient été précédés d'un martèlement souvent constitué de onze coups (les douze apôtres moins Judas). Les coups sont frappés avec un bâton dit ''brigadier''.

On a dit qu'à l'origine on donnait : un coup pour le roi, un coup pour la reine et un coup pour le public.
Aujourd'hui, avant de lever le rideau de la Comédie-Française, on frappe 6 coups : 3 pour chacune des 2 compagnies qui furent à son origine (celle de l'Hôtel de Bourgogne et celle de l'Hôtel Guénégaud qui fusionnèrent en 1680).


ActesLes actes et entre-actes se caractérisent par une unité de temps et, en général, par une unité de lieu. Un changement d’acte permet souvent à l’auteur de procéder à une ellipse temporelle ou à un changement de lieu et donc de faire progresser l’intrigue.
Dans le théâtre classique français, une pièce comportait cinq actes. Cependant pour respecter la règle des trois unités aucun changement ne se déroulait d’un acte à l’autre. La longueur de l’acte correspondait à la durée de vie des bougies disposées pour éclairer la salle, soit environ une vingtaine de minutes..
Le théâtre grec ignorait la division des pièces en actes. Théoriquement, les pièces grecques consistaient en plusieurs parties bien distinctes, nommées protase, épitase, catastase, et catastrophe, mais en réalité aucun entracte ne séparait ces parties. Lorsque les acteurs principaux disparaissaient de la scène, ils étaient remplacés par le chœur, dont les chants restaient généralement liés à l’action.
La division par actes est une disposition dramatique qui se rencontre également dans les théâtres en Perse, en Inde et jusqu’en Chine, où elle est indispensable à des spectacles d’une durée quelquefois de plusieurs jours.


Le sous-texteLe sous-texte est le contenu d'un texte qui n'est pas énoncé explicitement par les personnages (ou l'auteur) mais ressort de la façon dont le texte est interprété par le comédien.


Le souffleurUn souffleur est une personne qui autrefois soufflait leur texte aux acteurs ayant un trou de mémoire. Dû au fait que le ryhtme du théâtre se soit accéléré, de nos jours les souffleurs n'ont plu lieu d'être, et ont donc disparu.


RideauxEpressions du Theatre par La Compagnie des Sylves


Superstitions
le "vert"Cela viendrait du fait qu'au XVIIIème siècle, la teinture verte qu'on employait était à base d'arsenic. les costumes quotidiennement portés dans des conditions difficiles telles que le trac, la chaleur, la sueur et les gesticulations des comédiens auraient été source de nombreuses intoxications.
Ensuite, Molière est mort sur scène (en réalité, quelques minutes plus tard) habillé de vert, ce qui a scellé la réputation de cette couleur au théatre.
Si le "vert" porte malheur en France, c'est le "violet" en Italie, le "vert" et le "bleu" au Royaume-Uni et le "jaune" en Espagne.
  
cordeIl est interdit de le prononcer, il est remplacé par "guinde", parfois par ficelle. Comme en marine chaque lien a un nom propre (guinde, drisse, fil, chanvre, etc.) mais le mot corde est totalement proscrit. Selon les lieux et les époques, il est considéré comme « fatal », portant la mort ; ou au contraire, le mal est moindre, et celui qui le prononce ne s'attire que l'obligation de payer la tournée à tous ceux qui l'ont entendu. Le terme est autorisé lorsque l'élément est muni d'un nœud de pendu. En effet, cette superstition viendrait de la marine où la corde désignait l'instrument de supplice.
La seule corde présente dans un théâtre s'appelle la corde à piano. Nullement musicale, elle est faite d'acier de forte résistance pour servir de guide à un rideau.
  
fleursIl ne faut jamais offrir de bouquet d'œillets à une comédienne, en revanche les roses sont très appréciées. L'origine de cette tradition vient de ce qu'à l'époque où les théâtres avaient encore des acteurs permanents, le directeur offrait un bouquet de roses aux comédiennes dont le contrat était renouvelé. Mais pour ne pas faire de dépenses inutiles, celles qui étaient renvoyées recevaient des œillets, fleurs qui coûtent moins cher... Au Royaume-Uni on ne donne aucune fleur avant la représentation, il faut attendre la fin de la pièce.
  
"Merde"Cela porte malheur de souhaiter bonne chance à un acteur ou un membre de la production. Au lieu de cela, pour éviter un désastre, l'expression la plus utilisée est simplement Merde !.
Cette expression daterait de l'époque où les spectateurs se faisaient déposer en calèche devant l'entrée, halte au cours de laquelle les chevaux ne manquaient pas de garnir de leur crottin le parvis du théâtre. Cette "garniture" étant directement proportionnelle au nombre de spectateurs, c'était faire preuve de bienveillance que de souhaiter "beaucoup de merdes" aux artistes.
Le comédien ainsi interpellé ne doit pas, selon les croyances, remercier celui qui lui a adressé ce souhait.
L'usage de ce mot a ensuite été étendu au reste du monde des arts, puis plus géralement pour souhaiter "bonne chance" ...
En Italie, il convient de dire : « In bocca al lupo » (Dans la gueule du loup) auquel le comédien se doit de répondre « Crepi il lupo» (Que le loup crève).
  
"Vendredi"porte malheur pour les comediens sur scène
  
MacbethAu Royaume-Uni, la pièce de Shakespeare Macbeth est réputée maudite, ainsi les acteurs évitent de prononcer son titre (l'euphémisme "la pièce écossaise" est utilisé à la place).



Un peu d'histoire ...


Commençons par l'éthymologie : l'éthymologie du mot fonde le théâtre sur le "regard" (theatron, du verbe grec theomai, "voir").

Antiquité

Selon la Poétique d'Aristote, le théâtre est issu du dithyrambe (chant en l'honneur de Dionysos). L’histoire du théâtre occidental débute avec les cérémonies religieuses de la Grèce antique. À ces occasions avait lieu le concours de tragédie. Chaque auteur était subventionné par un mécène et devait présenter une tétralogie (trois tragédies et un drame satyrique), ces quatre pièces étaient jouées à la suite dans la même journée. Le spectacle se déroulait dans un théâtre (theatron) de plein air. Le mot amphithéâtre n’était pas utilisé par les Grecs, mais plutôt par les Romains. Les acteurs étaient uniquement des hommes.

En l’an -534, Thespis associa au chœur (qui chantait des dithyrambes à la gloire des héros grecs) un unique acteur (le protagoniste) qui jouait tous les rôles. À partir d’Eschyle, il y eut un deuxième interprète, puis Sophocle en fit intervenir un troisième. Les personnages et le chœur (tous masculins) étaient alors masqués, comme au début de l’époque romaine (à partir du IIe siècle av. J.-C.).

Ensuite, le théâtre latin se tourne davantage vers la farce et le mime. À l’époque romaine, les représentations étaient jouées dans un théâtre, d’architecture légèrement différente du théâtre des Grecs. Il était construit selon les cités sur un espace plat, ou au dos d’une colline. Les acteurs sont désormais maquillés au lieu de porter un masque.

Suit la période des débuts du christianisme où le théâtre est violemment critiqué par les théologiens (Tertullien le qualifiera de démoniaque dans son Des spectacles, Augustin d'Hippone en critiquera l’attrait pernicieux), et les comédiens sont excommuniés (dès le concile de Carthage, en 398).

Moyen Age

La pratique du thêatre semble inconnue du Haut Moyen Âge : si les œuvres dramatiques de Térence ou de Sénèque ne sont pas totalement oubliées, elles sont envisagées indépendamment de toute pratique scénique, à tel point que dans ses Étymologies, Isidore de Séville (vers 570-636) commet un contresens sur ce que devait être le théâtre antique : il pensait que le texte et le jeu étaient dissociés, qu'un récitant prenait en charge l'ensemble des répliques de la pièce tandis que d'autres intervenants se contentaient de mimer les actions.

La première œuvre théâtrale du Moyen Âge dont on ait connaissance est une Visite au sépulcre, dont il est question dans les écrits d'un évêque de Winchester, saint Ethelwold (vers 969-975). Il s'agit de la première trace écrite d'un genre que l'on baptisera le drame liturgique. Il était représenté à l'intérieur des églises, devant l'autel, des moines interprétant les rôles des personnages du Nouveau Testament.

On a longtemps cru que le théâtre occidental était né d'une émancipation progressive du drame liturgique, qui serait sorti des églises pour être représenté sur leur parvis. Le Jeu d'Adam, au milieu du XIIe siècle, en représenterait l'aboutissement. Or, si cette pièce présente bien des caractéristiques novatrices sur le plan de la dramaturgie, rien ne prouve qu'elle n'ait pas été jouée à l'intérieur des églises.

Une autre voie possible par laquelle le théâtre aurait ressuscité en Occident est celle qui passe par les jongleurs, spécialisés dans une exécution orale des textes de littérature qui mêle constamment narration et interprétation, à une époque où celle-ci se diffuse essentiellement par l'oralité.

C'est en tout cas dans le cadre du développement urbain du XIIIe siècle que le théâtre en langue vulgaire (que l'on appelle alors « Jeu ») prend véritablement son essor : onze pièces nous sont parvenues de cette époque, dont près de la moitié viennent d'Arras. On ne connait les noms que de trois de leurs auteurs : Rutebeuf, Adam de la Halle et Jean Bodel. Tous trois sont des jongleurs. Si Jean Bodel, avec Le Jeu de saint Nicolas (1200 environ) et Rutebeuf avec Le Miracle de Théophile (1263-1264) inaugurent la vogue de l'adaptation pour la scène de la littérature hagiographique (genre dit des « Miracles »), Adam de la Halle met en scène, avec Le Jeu de la Feuillée (1276) un univers entièrement profane.

Après un ralentissement au cours de la période troublée du XIVe siècle, le XVe siècle voit apparaître ou se développer de nouveaux genres théâtraux : farces, soties, moralités, mystères.

Les mystères sont souvent joués pour remercier le ciel d’avoir fait cesser un fléau, une épidémie, une guerre ou pour épargner la cité. Ils mettent en scène essentiellement la passion et la résurrection du Christ, parfois des personnages de l’Ancien Testament, les Apôtres, ou retracent la vie de saints. À partir du moment où la division religieuse s’instaure, au XVIe siècle, ils disparaîtront.

La Renaissance

Au XVe siècle, on redécouvre les tragédies de Sénèque le Jeune.

À la Renaissance, les formes principales de la fin du Moyen Âge subsistent, mais en 1548, la représentation des mystères est interdite, seules des pièces « profanes, honnêtes et licites » peuvent être créées. Apparaît un théâtre nouveau qui, tout en rompant avec les traditions littéraires, renoue avec l’Antiquité.

XVIIe siècle

L'esthétique du théâtre classique s'impose en France, avec pour principaux représentants Pierre Corneille, son frère Thomas Corneille, Jean de Rotrou, Tristan L'Hermite, Paul Scarron, Molière, Jean Racine ou encore Philippe Quinault.

En Angleterre, la victoire des puritains porte un coup fatal au théâtre élisabéthain qui s'était développé depuis le milieu du siècle précédent : les théâtres sont fermés par Olivier Cromwell en 1642. Les dramaturges Ben Jonson, Christopher Marlowe, et surtout William Shakespeare en avaient été les principaux représentants.

En Espagne, le « Siècle d'or » est contemporain des œuvres dramatiques de Lope de Vega, Tirso de Molina ou Calderón , qui élaborent une dramaturgie s'éloignant des canons aristotéliciens, notamment en ce qui concerne la distinction entre les genres comique et tragique.

XVIIIe siècle

Mentionnons enfin le développement de genres qui associent texte et musique comme le vaudeville ou l’opéra comique, ainsi que des textes de réflexion sur le théâtre avec Diderot et son Paradoxe sur le comédien, les écrits de Voltaire pour défendre la condition des gens de théâtre toujours au ban de l’Église, et les condamnations du théâtre pour immoralité par Rousseau.

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